LES PIONNIERS DE L’IA : Boris VOLCK, l’avis d’un photographe

Publié le par chez APACOM. Modifié le

Comme vous le savez, l’APACOM questionne les enjeux de la responsabilité sociétale des entreprises et des organisations (RSE et RSO) et s’intéresse notamment à l’Intelligence Artificielle et aux pratiques responsables. Dans ce cadre, nous questionnons les usages de nos adhérentes et adhérents, ou comment l’IA tend à faire évoluer les métiers de la communication.

Ils/elles utilisent déjà l’IA dans leur métier, nous les avons rencontrés : retrouvez notre série, les portraits des « Pionniers de l’IA ».

#1 / Entretien avec Boris VOLCK : l’avis d’un photographe…

« L’IA au service de l’image :
quand l’œil du photographe garde la main »

Quel est votre métier ?

Je suis photographe, spécialisé en portrait et en reportage dans le monde de l’entreprise. J’accompagne principalement des indépendants, des PME, PMI et des start-up. Mon travail consiste à mettre en valeur les personnalités, les savoir-faire, le savoir-être, et tout ce qui caractérise une entreprise ou une personne.

Comment l’IA impacte votre métier ?

L’intelligence artificielle bouleverse le métier de photographe à plusieurs niveaux. Elle peut être à la fois un outil au service du professionnel et une alternative pour certains clients cherchant à réduire leurs coûts. Elle permet d’accélérer et de simplifier certaines tâches, et peut aussi priver les photographes de certains marchés.

À ce jour, je suis peu impacté, car je travaille principalement avec un réseau professionnel de proximité. Mes clients recherchent avant tout un savoir-faire, une expérience, une authenticité et une capacité à les mettre à l’aise devant l’objectif. Mon rôle est d’aller chercher ce qui les rend uniques — une dimension que l’IA ne maîtrise pas encore, mais qu’elle pourrait approcher à l’avenir.

Quel outil utilisez-vous et à quelle fréquence ?
s’agit-il d’outils gratuits ou payants ?

J’utilise principalement ChatGPT comme aide à la rédaction pour mes contenus de communication. J’ai un abonnement payant. J’utilise également ponctuellement les fonctionnalités d’IA intégrées dans Adobe Photoshop et Adobe Lightroom, incluses dans mon abonnement Adobe.

En revanche, je n’utilise jamais d’outils d’IA générative pour produire des images finales destinées à mes clients. Je peux m’en servir en amont pour tester des idées ou générer des pistes visuelles, mais jamais pour livrer une image entièrement générée.

Quel regard critique avez-vous sur « le rendu IA » ?
Comment exploitez vous ces données ? Les retouchez vous ?
Quel est votre degrés de confiance envers l’IA ?

La qualité des rendus a énormément progressé ces dernières années. Nous sommes passés d’images imparfaites à des visuels aujourd’hui de plus en plus réalistes, capables de représenter des émotions crédibles.

Cependant, il reste des limites importantes : la difficulté à reproduire fidèlement une image d’une itération à l’autre, et un manque de véritable créativité. En matière de texte, les productions restent souvent standardisées et similaires à ce que l’on voit sur les réseaux. Cela confirme que l’on est dans un processus de génération basé sur des données existantes, et non dans une véritable création.

Quelle a été votre pire expérience IA ou votre best experience ever ?

Je n’ai pas eu d’expérience marquante au point de la qualifier de « pire » ou de « meilleure », j’observe surtout une progression rapide des capacités de l’IA. Cela renforce à la fois son intérêt comme outil et la nécessité de garder un regard critique sur ses usages.

De quelle manière vous informez-vous sur les évolutions de l’IA ?
Utilisez-vous d’autres langues pour enrichir vos recherches ?

Je me tiens informé principalement via les échanges avec mes pairs et des experts, au sein de mes réseaux professionnels. Je ne cherche pas à suivre en permanence toutes les évolutions, mais cela ne me pose pas de difficulté dans ma pratique.

Pour terminer, un conseil à vos pairs ?

Ne vous inquiétez pas, informez-vous et adaptez-vous. Nos métiers ne disparaissent que s’ils cessent d’évoluer.

L’intelligence artificielle n’est pas intelligente en soi : c’est un outil au service des professionnels. Nous restons des spécialistes, et ce sont nos compétences qui nous permettent d’en tirer le meilleur.

 

Propos recueillis par Alexandra Troubetzkoy
administratrice déléguée de l’Apacom
co-pilote du groupe de travail : IA et pratiques responsables

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