Formée à l’ISCOM Paris et nourrie par des expériences entre art, luxe et digital, Marie construit un parcours où stratégie et sensibilité créative dialoguent en permanence. Aujourd’hui consultante indépendante à Bordeaux, Marie accompagne les marques dans la construction d’univers cohérents, à la croisée de la narration, de l’esthétique et du sens.
Racontez-nous votre parcours…
J’ai toujours été attirée par les mots et l’art. C’est assez naturellement que je me suis orientée vers des études de Communication à l’ISCOM Paris, avec une spécialisation en communication culturelle et politique. Très tôt, j’ai compris que la communication ne se résumait pas à « faire parler » une marque, mais à lui donner une voix juste, cohérente et porteuse de sens.
Pendant mes études, j’ai eu la chance d’évoluer au sein de galeries d’art et d’une agence de mécénat culturel. Ces premières expériences ont profondément nourri mon regard : j’y ai développé une sensibilité à l’esthétique, à la narration et à l’importance des univers de marque.
À la sortie de mon master, j’ai rejoint une agence de packaging où j’accompagnais des maisons de luxe, notamment Dolce & Gabbana. J’y ai appris la rigueur, l’exigence du détail et la gestion de projets d’envergure. L’envie d’élargir mon champ d’action m’a ensuite poussée à me lancer à mon compte, en tant que consultante en communication.
Souhaitant renforcer ma dimension créative et digitale, j’ai suivi une formation de Designer Multimédia à la Paris College of Art. J’ai ensuite passé trois ans en agence digitale, en tant qu’Account Manager Senior, où j’ai accompagné le développement de marques mode et food, avec une approche de plus en plus transversale : stratégie, contenus, direction artistique et pilotage de projets.
Aujourd’hui installée à Bordeaux, je travaille à mon compte et j’accompagne des marques dans leur stratégie de communication. Mon fil conducteur reste le même : chercher l’équilibre entre fond et forme, entre cohérence et créativité. J’aime les projets qui ont quelque chose à défendre, une vision à affirmer.
Curieuse de nature, j’ai eu la chance de beaucoup voyager et même de travailler quelques mois en Inde, à 21 ans. Le mouvement occupe une place importante dans ma vie — yoga, escalade — et il infuse naturellement dans ma manière d’accompagner les projets avec engagement, curiosité et envie d’explorer.
Qu’est-ce qui vous passionne dans la communication ?
Ce qui me passionne dans la communication, c’est cette double dynamique de créer et de lier.Créer en donnant vie à une identité, construire une narration… J’aime transformer une intention en univers cohérent, faire émerger une voix singulière, trouver l’équilibre entre stratégie et esthétique.
Et puis créer du lien. Relier une marque à son public. Relier le fond à la forme. Relier des idées, des personnes, des sensibilités. J’aime cette dimension profondément humaine : comprendre ce qui anime un projet pour créer une connexion sincère et durable.
Pour moi, une communication réussie est celle qui crée du sens et qui tisse du lien.
Quel serait l’évènement / l’élément marquant dans votre carrière de communicant ?
Un moment particulièrement marquant dans mon parcours a été ma participation aux 130 ans de la maison Bernardaud, aux côtés de l’agence L’Art en Direct. J’ai eu la chance de contribuer à un projet artistique autour d’une édition limitée imaginée avec des artistes contemporains de renom comme JR ou Jeff Koons, présentée dans le cadre d’une exposition dédiée.
Ce projet m’a profondément marquée parce qu’il dépassait le simple cadre d’une opération de communication. Il faisait dialoguer patrimoine, créativité et artisanat, transformant la porcelaine en véritable lieu de rencontre entre art et quotidien.
Ce type de projet illustre, pour moi, à quel point une stratégie bien pensée peut faire vivre une histoire, toucher les publics et enrichir durablement la perception d’une marque.
Comment envisagez-vous l’avenir des métiers de la communication / de votre métier ?
J’envisage l’avenir des métiers de la communication comme un retour à plus d’exigence et de singularité.
Ce qui m’interpelle aujourd’hui, c’est une standardisation croissante : des canaux devenus presque obligatoires, des formats imposés, des prises de parole qui finissent par se ressembler. L’IA peut être un formidable outil, mais elle peut aussi accentuer cette uniformisation si elle n’est pas guidée par une intention claire. Selon moi, elle doit rester au service d’une vision, et non s’y substituer.
À l’inverse, ce qui m’enthousiasme profondément, c’est la place que prennent désormais les marques dans la société. Elles ne sont plus uniquement des acteurs économiques ; elles deviennent des acteurs culturels et relationnels. On ne communique plus seulement pour vendre, mais pour créer du lien, susciter de l’émotion, affirmer une position.
Je crois que les marques ont aujourd’hui une responsabilité : celle de prendre position avec sincérité. Mais cela suppose de le faire avec justesse, sans céder à la production excessive de contenus. Multiplier les formats ne garantit pas la pertinence. Au contraire, je pense que la communication de demain devra être plus choisie, plus incarnée — peut-être même plus sobre.
Personnellement, j’ai envie d’accompagner des projets dans le temps, de construire des stratégies créatives solides plutôt que d’enchaîner les actions ponctuelles. Moins produire, mais mieux penser. Créer avec intention. Et continuer à lier — des idées, des personnes, des univers — avec exigence et sens.