Collège Agences : Retour d’expérience sur le process de certification B Corp

Publié le par chez APACOM. Modifié le

Le 27 avril dernier, le rendez-vous mensuel du Collège Agences était consacré aux labels RSE et à leurs enjeux pour les agences de communication. C’est le partage d’expérience qui a motivé cette session, notamment autour de la certification “BCorp” que 3 agences bordelaises ont déjà entamée. La présence de Climène Koechlin, responsable du développement de la communauté BCorp en France, a permis de balayer un large spectre de questions que se posaient les membres de la commission. Un grand merci à Stéphane Bouquet, Alain Gross et Grégory Dubourg qui ont partagé en toute sincérité et transparence leur questionnement, les difficultés et les satisfactions rencontrées sur le chemin vers la labellisation. 

 

Qu’est-ce que la certification B Corp ?

 

Aujourd’hui un label reconnu à l’échelle internationale, B Corp est avant tout un mouvement porteur de valeurs humaines et environnementales au service du bien commun. Importé des États-Unis en 2015, sa mission est de réconcilier Business et Impact positif. Plus concrètement, le label certifie des entreprises qui intègrent dans leur modèle d’affaires et dans leurs opérations des objectifs sociaux, sociétaux et environnementaux. Pour cela, la certification repose sur trois axes : une modification du statut des entreprises pour que celles-ci expriment officiellement leur volonté et engagement d’avoir un impact positif sur leur écosystème, une évaluation de l’entreprise grâce à un outil 360° disponible gratuitement en ligne, le BIA (Business Impact Assessment), la transparence puisque toutes les informations concernant les résultats de l’évaluation des entreprises labellisées sont disponibles en ligne. 

 

 

Le processus de labellisation d’une entreprise se fait en 4 étapes:

  • La mesure d’impact grâce à l’outil BIA (Business Impact Assessment) : Il s’agit d’un questionnaire détaillé de 200 questions qui permet d’évaluer l’impact des opérations et du modèle d’affaires d’une entreprise autour de 5 piliers : la gouvernance, les collaborateurs, la collectivité, l’environnement et les clients. Les entreprises peuvent rapidement voir leurs points forts et leurs points faibles en matière d’impact environnemental ou sociétal pour pouvoir mieux agir par la suite. “Via cet outil 360, l’entreprise pourra prouver concrètement son utilité pour la société” – Climène Koechlin

 

  • La demande de labellisation : Il faut, à l’entreprise, un minimum de 80 points sur 200 pour pouvoir soumettre sa demande de labellisation. L’organisation B Lab se charge de réaliser un audit rigoureux afin d’accorder le statut d’Entreprise B Certifiée à une organisation. Aujourd’hui, il y a 124 entreprises certifiées B Corp en France et 560 en Europe. Cependant, le mouvement a pris “une ampleur qui nous dépasse tous car énormément d’entreprises ont soumis un questionnaire pour vérification via audit et sont toujours en attente”, nous confie Climène Koechlin.

 

  • Rejoindre la communauté : Chaque “Entreprise B Certifiée” doit signer une déclaration d’interdépendance pour s’engager à soutenir activement le développement d’une économie plus inclusive, régénératrice et contributive.

 

  • La modification de ses statuts : L’entreprise doit modifier ses statuts pour ancrer au cœur de sa raison d’être, l’importance qu’elle accorde à son impact social, environnemental et sociétal.

 

“Ce qui est intéressant avec le label B Corp, c’est l’exigence de la démarche dans laquelle nous sommes plongés” – Alain Gross

 

 

L’expérience de trois directeurs d’agence de communication : 

Stéphan Bouquet, Directeur de l’agence Com’ by AVM, Grégory Dubourg, Directeur de l’agence Nutrikéo et Alain Gross, Directeur de l’agence Aggelos, nous ont fait part de leur expérience sur le processus de labellisation B Corp. Si pour l’agence Nutrikéo, l’idée de revendiquer un label RSE est venue d’une dynamique interne, les trois chefs d’entreprises s’accordent à dire que le choix de se tourner vers le label B Corp a été grandement influencé par les conseils de leurs clients. “Il était important pour nous de faire un changement interne en accord avec la démarche de nos clients”, nous explique Stéphane Bouquet. L’agence Nutrikéo et Com’ by AVM sont tous les deux au début du processus de labellisation. Après avoir fait un bilan carbone complet, l’agence de Stéphane Bouquet a terminé son diagnostic et s’attèle à remplir le questionnaire, tout comme Nutrikéo. L’agence Aggelos a initié sa démarche de labellisation RSE en 2002, elle s’est intéressée à d’autres labels avant d’être B Certifiée en 2015. “C’est difficile d’obtenir le label car cela demande énormément de réflexion et de données à faire remonter”, se souvient Alain Gross. 

 

Les avantages et exigences du Label B Corp

Temps

Nos trois chefs d’entreprise se sont accordés sur le fait que le processus de labellisation demandait un gros investissement en temps, en énergie et en ressources. “ Nous avons mis plus de dix jours à décortiquer le questionnaire de 200 questions avant de mettre en place une feuille de route pour atteindre les 90 points”, nous confie Stéphane Bouquet. Cette exigence de la transparence au cœur du processus du mouvement B Corp est à la fois une contrainte pour les entreprises qui doivent tout analyser, mais également un avantage qui leur permet de connaître les points à améliorer et gage d’exigence et de transformation.

Coût

. L’outil BIA, qui permet aux entreprises de mesurer leur impact, est totalement gratuit. Cependant les entreprises doivent payer des frais de soumission de dossier et une cotisation annuelle calculée en fonction de leur chiffre d’affaires. “Si l’on compare à d’autres labels, c’est un coût raisonnable pour les petites structures”, nous explique Alain Gross. 

Repartir de zéro

L’outil BIA oblige les entreprises à repenser l’ensemble de leur fonctionnement, pour tout analyser en détail. Même si cela exige beaucoup d’investissement et de motivation, c’est “un moyen de repenser autrement l’identité et les ambitions des entreprises”, nous explique Grégory Dubourg. “La grande vertu de ces démarches, c’est qu’une fois que l’on est pris dans l’engrenage de la labellisation, on veut toujours s’améliorer”, ajoute Alain Gross.

Bénéfice interne

Entamer un processus de labellisation permet à tous les membres d’une même entreprise de travailler ensemble pour atteindre un but commun. “Au-delà du bénéfice pour l’entreprise, c’est un élément de motivation interne clé”, nous dit Grégory Dubourg. “On fait tout ça, avant tout, pour contribuer !” nous dit Alain Gross, qui évoque également le bénéfice sur la marque employeur pour attirer ou fidéliser des talents.

Bénéfice externe

Être certifié par un label RSE permet aux entreprises de pouvoir travailler avec d’autres organisations qui partagent leurs valeurs. le Label B Corp représente une communauté, source de recommandations et d’échanges business, il offre également une certaine légitimité à la prise de parole sur les enjeux RSE auprès des clients et parties prenantes. “Nous allons nous en servir pour notre communication d’entreprise afin de prouver que notre engagement est certifié par un organisme tiers”, nous explique Stéphane Bouquet.

 

Quelques conseils pour réussir …

Être accompagné

Pour faciliter le processus de labellisation, cela semble vertueux pour l’entreprise de se faire accompagner par une personne qui pourra lui apporter un éclairage plus précis sur les labels RSE et l’orienter vers des structures déjà labellisées. “J’ai la chance de diriger une boîte qui a déjà été certifiée deux fois et si c’était à refaire je l’aurais peut être fait accompagné”, nous confie Alain Gross. “C’est aussi un réel gain de temps” nous confie Arnaud Domergue, de l’agence Grain Blanc, également en cours de processus, qui s’est fait accompagné par une coach “B Leader” qui connaît parfaitement les enjeux adressés dans le questionnaire.

Rester motivé 

Il est important de garder en tête son objectif final et impliquer l’ensemble de l’agence dans la démarche pour que la dynamique perdure dans le temps. “Voilà maintenant plus de deux ans que j’ai le questionnaire ouvert mais c’est très compliqué à remplir. C’est très long et il faut rester motivé tout le long”, nous confie Anne-Laure Marin, directrice de l’Agence Initiale. 

Ce qui compte c’est le chemin et pas (forcément) la certification

L’existence de labels RSE comme B Corp est de pousser des entreprises à se questionner et à améliorer leur impact environnemental et sociétal. “L’entraide est primordiale tout au long du processus, le but de cette démarche, c’est la solidarité et le travail d’équipe”, nous explique Stéphane Bouquet.

 

 

Cet échange a été l’occasion pour certains de découvrir le label B Corp et pour d’autres de retrouver la motivation à persévérer dans leur processus de labellisation. Si ces sujets vous intéressent, retrouvez une nouvelle cession d’échanges du Collège Agences le 27 mai prochain. 

 

 

Emilie Sadeyen

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