Le changement de toute urgence pour retrouver les sens de l’existence !

Publié le par chez APACOM. Modifié le

L’incontournable Université d’été Hommes-Entreprises du CECA (Centre entreprise et communication avancée), dont l’APACOM est partenaire, s’est déroulée les 29 & 30 août, dans l’écrin magique du Château Smith Haut Lafitte, à Martillac, réunissant près de 700 personnes. Un programme riche et soutenu, orchestré avec conviction et convivialité par Christophe de la Chaise, Directeur général du Ceca. Pour illustrer la thématique de cette 25e université « Changement et quête de sens », 11 conférenciers de haut vol, nous ont embarqués pour un voyage étonnant voire parfois détonnant…

Prêts ? Je vous présente le parcours et les protagonistes… et ensuite, on plongera…

Nous avons démarré sportivement, en faisant du sur-place, pas statiques, juste en équilibre avec Clément Leroy, suspendus au sourire de ce jeune homme perché sur son vélo, costume, chemise et cravate impeccables malgré la chaleur… « Equilibre et sens de la réussite », ce psychologue cogniticien, triple champion du monde d’équilibre à vélo, qui intervient sur le management bienveillant et sur les bienfaits de l’équilibre, a su donner le ton ; défi et dépassement de soi, le tout avec dynamisme et humour. Flambeau repris par la pétillante Virginie Delalande qui nous a fait décoller avec émotion. Elle a su illustrer que « Choisir son destin est une affaire de détermination ». En repoussant ses propres limites afin de dépasser son handicap, elle est devenue la première avocate sourde de naissance en France. Le sémillant Atanase Périfan, créateur de la Fête des voisins, a clos la matinée en nous questionnant sur notre rapport à l’autre, à la solidarité ; « Changer son regard sur l’autre pour retrouver du sens » que ce soit avec ses voisins comme avec ses collègues… L’après-midi nous a transportés dans un courant de gravité mais toujours avec optimisme. Le couple de journalistes Sonia et Alexandre Poussin a témoigné de son expérience, en choisissant de ne pas « Subir mais être acteur du changement ». De 2014 à 2018, accompagnés de leurs deux enfants, ils ont fait le tour de Madagascar à pied, avec une charrette et des zébus. Leur projet s’est ajusté à la dure réalité et, afin d’aider les hommes comme la nature, ils se sont engagés dans des missions humanitaires. Nous avons pris un jet – non polluant – pour rejoindre de l’autre côté de cette planète humanitaire, la planète numérique de Marc Dugain afin de nous poser la question : « La révolution numérique peut-elle changer l’humanité ? » Cet entrepreneur qui dirigeait des compagnies aériennes est devenu un écrivain et un réalisateur à succès. Il vient de publier « Transparence », thriller technologique qui imagine la renaissance de l’humanité suite à un désastre écologique de grande ampleur. Trou d’air, petite angoisse, puis nous avons plané sur l’apport bénin ou malin du progrès technologique avec le célèbre économiste Philippe Dessertine qui, avec punch et jovialité, nous a annoncé la récession, l’accélération du changement et l’arrivée de la 4e révolution industrielle… dont on ne peut encore mesurer les conséquences… juste cela… 

Telle la balle dans un flipper qui a tapé de tous côtés et fait grimper le compteur de nombreux points, je suis personnellement ressortie de cette première journée comme un vainqueur revigoré par ces témoignages, ces éclairages, ces questions et réponses, riches et pleins de sens…  il me tardait de participer à la suite du programme…

Le Consultant international, Francis Cholle, a démarré la matinée du vendredi en nous démontrant que « L’intelligence intuitive : est la clé pour intégrer la complexité du monde actuel ». Submergés par nos intuitions qui revendiquaient leur formidable potentiel, nous sommes passés dans les dires du philosophe américain Matthew B. Crawford pour nous interroger sur la valeur de notre attention ; ce bien rare, malheureusement devenu monétisable, comme le silence qui nous est désormais proposé comme un luxe… Puis, Julia de Funès a fait son entrée en scène, peut-être comme l’aurait fait son aïeul Louis : avec panache. Cette philosophe qui a également une formation en RH est l’auteur avec Nicolas Bouzou du bestseller « La Comédie (in)humaine ». Elle a tapé juste et fort, « le bonheur au travail n’existe pas, il n’est qu’un leurre », il y a une inadéquation entre le monde des grandes entreprises et les souhaits des salariés, les efforts sont inadaptés et ne changent pas la donne du mal être grandissant et des difficultés à recruter… Après un débat et une pause qui s’imposait pour bien ingurgiter ces informations denses, nous avons redécollé, direction nos richesses ; la jeunesse et notre planète. Nicolas Truelle, Directeur général des Apprentis d’Auteuil, a présenté son action, la perte de repères des jeunes, notre modèle social et sociétal qui en fait décrocher et le besoin d’agir pour les accompagner, croire en eux et savoir faire émerger les talents. Cyril Dion, réalisateur du documentaire « Demain », a couronné notre introspection en pointant nos mauvaises actions pour la planète et l’urgence d’agir, de donner un nouveau sens à notre existence… Un dernier débat et l’université s’est close. 

Fin du parcours de ces deux jours, certains avaient déjà atterri, d’autres étaient encore là… dans ce ciel céruléen, moi aussi… j’y suis restée, j’ai plané tel un albatros, pour prendre de la hauteur… entendre tous ces mots se bousculer en moi, pour les comprendre, pour m’interroger… encore… prendre le temps de se poser. Juste un mot : MERCI. 

Sautons en parachute

Il y a urgence, tout s’accélère, il faut changer, mais vraiment ! « Changement et quête de sens »… depuis des années on revendique être « en plein changement », comme nous sommes en profonde « transformation »… Rien de nouveau l’Humanité est en perpétuel changement, en perpétuelle transformation… Cela semblait soit passéiste, soit audacieux, de proposer ce thème, mais il a pris sens avec le mot « urgence », le « changement de toute urgence… ». Pour ce qui concerne la « quête de sens », quelle définition du mot « sens » prendre ? Toutes, car il y a urgence de changer ; de déconsidérer ou reconsidérer ses 5 sens, de percevoir différemment ses sensations auditives, tactiles, gustatives, olfactives et visuelles, de changer son sens, ses sens de l’orientation, des priorités, pour ne choisir que le sens qui impose le changement, changer son regard sur l’autre, mieux utiliser sa faculté de juger, mieux comprendre le sens des mots, mieux faire sens en ce monde, et de donner un sens à sa carrière, sa vie personnelle, son existence… Verdict : un thème très actuel : « Le changement de toute urgence pour retrouver les sens de l’existence… ! »

Les mots s’entrechoquent, électrochoc, vous entendez, ressentez l’onde ? Philippe Dessertine nous alerte ; « Nous étions 6,6 milliards il y a 10 ans, nous sommes à 7,7 milliards, l’an prochain nous passerons à 8 milliards… nous devons réinventer notre modèle économique. On ne peut plus fonctionner à 8 milliards comme on le faisait à 3 milliards au siècle dernier, on ne parle plus de la même planète. Des changements en profondeur vont s’imposer dans les années à venir. Mais on ne sait pas les prévoir à ce jour, nous sommes dans le brouillard. Tout s’accélère, on voit apparaitre un nouveau monde sans pouvoir anticiper, la 4e révolution industrielle est en train de démarrer et elle va littéralement changer la vie. On a un système qui s’est bloqué et, en même temps, nous vivons une révolution technologique qui est aussi positive que dangereuse… On manque de main d’œuvre dans ces domaines, il faut qualifier au plus vite. Cette révolution va se décaler sur la société, il va falloir changer très vite ! Aplanir nos modèles hiérarchiques qui vont devenir obsolètes, passer à la « déconcentration », y compris pour les villes, ne plus concentrer les gens aux mêmes endroits… Nous avons du retard en France, les entreprises n’attirent plus les talents, il faut changer de stratégies, vite ! » Julia de Funès enfonce le(s) clou(s) : « Les entreprises n’ont jamais autant dépensé pour le bonheur au travail, en même temps le mal être des salariés ne cesse de croître ; burn-out, arrêts maladies longue durée… Le poste d’Happy Officer ne sert à rien, le bonheur au travail est un leurre. Il ne se décrète pas, il dépend de notre vie personnelle, sociale, c’est un tout. Les procédures de l’entreprise se font au détriment du sens. La plupart des réunions ne servent à rien, il faut arrêter les Powerpoint qui sont une perte de temps, car ils nécessitent de la préparation et déplacent l’attention. Les salariés n’ont pas besoin de formations ludiques, de réunions en Châteauform, d’ateliers infantilisants… Le management est devenu trop procédural et il fait des désastres… on fait les choses parce qu’il faut, sans avoir de sens. On demande à des salariés d’innover mais dès qu’ils le font les procédures leur tombent dessus car attention au risque ! On a peur, on ne sait pas faire confiance ! En France, le risque est perçu comme une menace au lieu d’être perçu comme une opportunité. Comment agir quand on n’est pas dans un climat de confiance ? Au final, les entreprises perdent les meilleurs talents et aujourd’hui elles peinent à recruter… » Francis Cholle nous explique que : « 85 % des salariés travaillent dans leur entreprise sans être engagés. Il y a là un énorme potentiel, des choses simples peuvent être mises en place pour réintégrer l’intérêt. Il faut tout repenser, en lien avec notre nature, d’humains, et la Nature, notre planète. Travailler de 9 h à 18 h n’est en rien naturel. Nos règles, nos pensées sont carrées, il faut remettre le cercle, le sens de l’irrationnel, l’intuition, par exemple proposer des réunions en cercle, sans table pour favoriser les échanges directs, repenser l’humain… » Comme dit Clément Leroy : « Il est important d’être équilibré dans la vie, l’équilibre permet la performance et le dépassement de soi. Un équilibre pas figé, en constant mouvement. Celui qui permet de maitriser son stress. Le coût du stress est colossal pour les entreprises, avec de nombreux arrêts maladie. L’entreprise doit pouvoir donner des outils à ses collaborateurs afin qu’ils aient confiance en eux, en leur travail… qu’ils expriment leurs capacités. Des encouragements, de la gratitude, voilà des clés de la performance. Avec le sens disparait la souffrance… » …

Tous nous ont ouvert les yeux sur notre planète, l’environnement, comment nous avons usé et abusé de la nature, comment il faut nous rééduquer et changer littéralement pour être des citoyens, des salariés, « engagés ». Il y a urgence, tout se dérègle, il faut réinventer les modèles, trouver des solutions. Cyril Dion présente dans son documentaire des exemples concrets, des modèles d’entreprises, de fermes… innovantes qui ont repensé intégralement les schémas. Les Poussin nous montre une autre façon de s’engager, en osant tout laisser pour s’investir dans un pays pauvre et agir utilement… Atanase Périfan nous suggère de remettre du sens dans notre vie au quotidien en changeant notre rapport à l’autre, à nos voisins, à nos collègues. Plus de convivialité, d’entre-aide, il faut cesser les préjugés, les cloisonnements, les aveuglements, cet égoïsme ambiant… Changer son regard sur l’autre devient vital, la différence doit devenir une normalité, il n’est plus question qu’une personne en situation de handicap, comme Virginie Delalande, doive surmonter autant d’épreuves, subir autant d’humiliations, pour enfin trouver un sens à son existence. La tolérance doit être notre maitre mot. Y compris avec les jeunes, comme le demande Nicolas Truelle, il faut arrêter d’avoir peur des jeunes. Il faut donner sa chance à chacun, mieux savoir accompagner pour faire émerger les talents, etc. 

Nous communicants nous le savons, nous ressentons tout cela et nous conseillons nos directions du mieux que nous pouvons, quand c’est possible, car depuis quelques années notre métier souffre aussi, la Direction de la communication n’est plus toujours rattachée à la Direction générale, nous dépendons du Commercial, du Marketing ou bien des Ressources humaines, et nous avons perdu progressivement notre rôle de conseiller pour un tablier plus opérationnel, face à des dirigeants qui décident de tout et nous demandent souvent « d’exécuter »… 

Ils étaient là, assis dans cette salle pendant ces deux jours, ces grands dirigeants et leurs Co-Dir… ont-ils entendu ? Vont-ils enfin déployer le télétravail, casser tous les codes, avoir confiance en leurs équipes, considérer le risque comme une opportunité, investir dans le risque, motiver à innover, aplanir leurs organigrammes, déconcentrer, arrêter de pousser l’évolution vers le management que peu de collaborateurs désirent, valoriser les expertises… arrêter de se servir des résultats de la QVT ou d’une étude financée pour tenter d’avoir une marque employeur attrayante et arrêter d’exhiber leurs collaborateurs dans des mises en scène qui sonnent faux sur les réseaux sociaux ? Vont-ils mettre des douches pour que les collaborateurs venant en vélo puissent se laver, plutôt que de les stresser avec des entretiens pour estimer leurs performances ? Vont-ils modifier le rythme de travail, des réunions, et arrêter leurs PPT de cinquantaines de slides qui donnent des migraines à tous ? Et tout simplement, vont-ils enfin passer dans les bureaux voire les équipes et leur dire « bonjour », « merci »…. De toutes façons, si on en croit nos conférenciers, ils n’auront plus le choix. Nous n’avons plus qu’un choix : celui de changer profondément, urgemment, et redonner « des » sens à notre existence, à notre engagement envers les autres et la nature. 

Marie-Ange Munoz

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