Comme vous le savez, l’APACOM questionne les enjeux de la responsabilité sociétale des entreprises et des organisations (RSE et RSO) et s’intéresse notamment à l’Intelligence Artificielle et aux pratiques responsables. Dans ce cadre, nous questionnons les usages de nos adhérentes et adhérents, ou comment l’IA tend à faire évoluer les métiers de la communication.
Ils/elles utilisent déjà l’IA dans leur métier, nous les avons rencontrés : retrouvez notre série, les portraits des « Pionniers de l’IA ».
#2 / Entretien avec Guillaume VRAUX : l’avis d’un Dircom…

« entre gain de temps & synthèse d’INFORMATION
ENGIE A fait le choix de copilot : une vraie valeur ajoutée ! »
Quel est votre métier ?
Je suis directeur de la communication en charge du support à la filière de développement commercial pour la France. Concrètement, je contribue aux réponses aux appels d’offres complexes, au développement de la notoriété de nos solutions auprès de nos clients/prospects, au développement de la prospection par voie digitale et à la conception de supports de communication commerciale en lien avec les marchés et le marketing
Comment l’IA impacte votre métier ?
L’IA me fait gagner beaucoup de temps lorsqu’il s’agit de compiler plusieurs sources (règlementaires, marketing, différents types de supports sur une même offre commerciale, etc.) et d’en faire une synthèse pour avoir une matière de départ fiable. Elle permet aussi d’explorer plusieurs terrains d’expression pour un même sujet et de challenger les orientations rédactionnelles en proposant des « briques à casser ». Elle me permet aussi de retraiter des fichiers complexes et m’assiste dans mon quotidien avec la capacité à analyser mes mails, mon agenda et les comptes-rendus de mes réunions et de croiser tout cela pour définir mes priorités, établir des workflow de projets et gérer les urgences. C’est encore plus pratique quand on rentre de vacances !
Quel outil utilisez-vous et à quelle fréquence ?
s’agit-il d’outils gratuits ou payants ?
Le Groupe ENGIE a choisi de déployer Copilot pour l’ensemble de ses collaborateurs avec la possibilité pour certains d’entre eux de bénéficier de la version « musclée » qui offre une capacité de raisonnement étendue à l’ensemble de la data disponible au sein de l’entreprise. Ainsi, il nous est possible d’utiliser l’IA dans un écosystème fermé pour à la fois, sécuriser la confidentialité des données, mais aussi de bénéficier de data dont on ne soupçonnait pas l’existence au sein d’un groupe aussi grand que celui d’ENGIE. Le revers de la médaille, c’est que nous avons l’obligation de ne passer QUE par Copilot et que le recours à toute autre produit est proscrit. Cela peut être gênant pour des usages typiquement liés au métiers de la communication qui pourraient solliciter des IA bien plus pertinentes en fonction de nos besoins.
Quel EST regard critique avez-vous sur « le rendu IA » ?
Comment exploitez vous ces données ? Les retouchez vous ?
Quel est votre degrés de confiance envers l’IA ?
l’IA ne peut se substituer totalement à la création par manque d’esprit critique; c’est pourquoi il est fréquent de constater que les rendus rédactionnels sont assez génériques et manquent de « supplément d’âme ». L’IA n’est pas non plus pertinente lors de la conception d’un storytelling car elle n’a pas ce supplément d’âme qui va déclencher de l’intérêt. Donc, pour résumer, l’IA fait gagner du temps, apporte de la valeur ajoutée dans le process de construction, génère des pistes de réflexion mais ne permet pas (encore ?) de délivrer un produit qui fait sens de bout en bout, tout en suscitant une émotion.
Quelle a été votre pire expérience IA ou votre best experience ever ?
Je me souviens de lui avoir demandé de concevoir un fichier de prospection très précis notamment en termes de persona, de taille de prospect et de coordonnées postales et mail à partir de multiples fichiers libres de droits. Le résultat a été assez bluffant et surtout qualitatif car nous avons eu un taux de rejet très faible. C’est un exemple caractéristique de la création de valeur que vous pouvez générer avec l’IA
De quelle manière vous informez-vous sur les évolutions de l’IA ?
Utilisez-vous d’autres langues pour enrichir vos recherches ?
Nous avons la chance chez ENGIE de bénéficier d’une formation continue sur le sujet. Rien que sur l’onboarding de la version musclée de Copilot, nous avons un programme de formation d’une vingtaine d’heures réparties sur 10 semaines. A titre personnel, je suis quelques personnes sur les réseaux sociaux qui, pour moi, font référence à l’instar d’Estherium par exemple. Sur Linkedin, tous les posts sont générés par l’IA, non ?
Pour terminer, un conseil à vos pairs ?
Partons de la base : il faut maîtriser l’art du prompt car il y a autant d’approches que de finalités. Le petit prompt de trois lignes un peu passe partout ne vous aidera que très superficiellement. Plus vous mettrez du contexte, plus vous alimenterez l’IA avec des contenus pertinents, plus vous serez précis ou exhaustif sur les attendus et plus l’IA vous délivrera un rendu de qualité. Vous pouvez même demander à l’IA de challenger les prompts que vous lui soumettez !
Propos recueillis par Alexandra Troubetzkoy
administratrice déléguée de l’Apacom
co-pilote du groupe de travail : IA et pratiques responsables