30 ans de com’ : cinq parcours, un même fil rouge, le changement
Le minitel. Les fax aux journalistes. Puis l’IA. En trente ans, notre métier a changé de visage.
Pour les 30 ans de l’APACOM, la section Lot-et-Garonne a voulu fêter ça autrement. Pas de grand discours. Elle a donné la parole à cinq adhérents. Devant une vingtaine de participants, ils ont raconté leur histoire, leurs anecdotes et leur vision de demain. Confidences, sourires et vraies convictions au programme.

Cécile Theolet : du « couteau suisse » au mobilier urbain
Cécile débute dans l’univers du bricolage. Prospectus, relations presse, affichage, événementiel : elle fait tout. « J’étais un couteau suisse », sourit-elle.
Puis la pub se digitalise. Elle rejoint JCDecaux, numéro un mondial de la communication extérieure. Son constat est net : la TV, la presse et la radio perdent de l’audience, mais l’affichage tient bon. Aujourd’hui, le mobilier urbain s’installe au cœur du quotidien et des loisirs.
Et l’IA ? Selon elle, ceux qui s’y mettent sont ceux qui bricolaient déjà leurs affiches avec les moyens du bord.
Mélusine Bonzi : sortir les gens de leur canapé
Comédienne, puis passionnée de cinéma, Mélusine fonde l’agence Éclats. Sa spécialité : le marketing du cinéma.
Son constat est simple. Avec le streaming, on regarde les films seul. Alors il faut donner envie de revenir en salle. Nuits du cinéma avec petit-déjeuner partagé. Repas servis en lien avec la projection. Rencontres avec les réalisateurs. Ici, l’expérience prime. Elle parie sur le retour d’une expérience sociale et culturelle.
Marine Iachemet : suivre la tendance, ou tenir sa ligne ?
Chez Habitalys, Marine se pose une vraie question : sommes-nous légitimes sur Instagram ou TikTok ? Pour elle, la vraie rupture, c’est la vidéo. Les interviews face caméra ont changé la façon de communiquer.
Sa ligne de conduite ? Faire ce qui a du sens, au plus près des valeurs de l’entreprise.
Face à l’IA, elle a vu le virage arriver et s’est formée vite. Elle y voit une aide précieuse dans l’urgence. Mais pas question de brider sa créativité par facilité. Elle continue donc à se former sur les expertises de son métier.
Martin Capdeviole : l’IA ajoute, elle n’enlève rien
Directeur communication et marketing de l’Agropole, Martin a vu son métier évoluer en trois temps.
D’abord, l’événementiel. Du tout digital en plein Covid, on revient aujourd’hui aux rencontres physiques. Ensuite, le print face au digital : le SEO, le SEA et le référencement par l’IA deviennent prioritaires. Enfin, l’IA elle-même, qui s’installe dans les process.
Sa conclusion rassure : on aura toujours besoin du regard du communicant. Pour lui, toutes ces évolutions s’ajoutent à l’existant et n’enlèvent rien.
Julien Saudel : piloter le changement à l’échelle d’un groupe
Julien commence chez Bouygues Telecom, à l’époque du minitel. Aujourd’hui, il pilote la transition au sein du Groupe Macif.
En 2023, il lance une réflexion collective. Rôle du CODIR, organisation, chaîne de valeur de la communication : tout est repensé, des demandes jusqu’aux livrables. Puis arrive l’IA. Il constate vite l’usage « sauvage » par des salariés qui voulaient simplement se faciliter la vie. En moins de six mois, l’IA est intégrée auprès des équipes, avec la prévention en priorité.
Pour lui, le grand enjeu de demain est notre rapport au temps. On partageait trop vite du contenu. Désormais, on réfléchit. Et l’IA nous pousse à reconsidérer notre communication.
Ce qu’on retient de cette soirée
Cinq métiers. Cinq trajectoires. Un même message : le changement fait partie du métier. Les outils évoluent, les canaux aussi. Ce qui reste, c’est le regard du communicant, sa curiosité et sa capacité à s’adapter.
C’est aussi pour ça que l’APACOM existe depuis 30 ans. Pour que personne n’affronte ces virages seul.